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Dimanche 25 octobre 2026 Édition internationale
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Europe

Starlink, Palantir : l’Europe s’interroge sur sa dépendance aux technologies militaires américaines

Après les perturbations de Starshield en Ukraine, Palantir assure que Maven n'a pas d'interrupteur. Ce que l'on sait et pourquoi Paris et Berlin se méfient.

Satellites Starlink photographiés dans le ciel
Satellites Starlink dans le ciel (photo d'archive, 2020). Photo : Jud McCranie / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

Après l’accusation de Kiev contre Washington au sujet du réseau Starshield, Palantir assure aux alliés de l’Otan que son système Maven n’a aucun « interrupteur » à distance. C’est la promesse d’une entreprise, non une vérification indépendante, alors que la France et l’Allemagne avaient déjà renoncé à cet outil.

Une entreprise américaine ou le gouvernement des États-Unis peuvent-ils éteindre à distance un outil militaire utilisé par des armées européennes ? La question s’est imposée après des perturbations signalées en Ukraine. Mercredi 21 octobre, Louis Mosley, vice-président exécutif de Palantir pour le Royaume-Uni et l’Europe, a répondu par la négative à l’agence Reuters, dans des propos rapportés par Euronews le lendemain.

Ce qui s’est passé en Ukraine

Le 13 octobre, Kiev a accusé Washington d’avoir volontairement ralenti Starshield, le réseau de communications militaires opéré par SpaceX sur lequel s’appuient les forces ukrainiennes. Starlink, le réseau civil de la même société, aurait aussi été touché. Des informations ultérieures affirment que la Maison-Blanche aurait ordonné à SpaceX de limiter l’accès de l’Ukraine ; Euronews les présente comme rapportées, non confirmées. Defense News, le 16 octobre, cite deux responsables américains et un responsable occidental, anonymes, selon lesquels l’ordre est venu de l’intérieur de la Maison-Blanche, sans que l’auteur de la décision soit nommé. Un haut responsable américain a répondu : « Aucune demande de ce genre n’a jamais été faite par le président. » Selon un interlocuteur du ministère ukrainien de la Défense cité par le média, les récepteurs militaires ne fonctionnent plus en mouvement rapide qu’à moins de 160 km/h, ce qui compliquerait les frappes ukrainiennes et ralentirait les drones intercepteurs chargés d’abattre les Shahed russes. SpaceX n’a pas répondu à la demande de commentaire de Defense News.

Elon Musk a écrit sur X que Starshield est « possédé et contrôlé » par le gouvernement américain, et que l’armée et le président fixent les limites d’utilisation. Donald Trump a déclaré que ce n’était pas lui, et qu’il ne pensait pas que ce soit Elon, sans savoir qui était responsable.

Ce que promet Palantir

Louis Mosley a jugé les informations sur Starlink « extrêmement préoccupantes ». Il a assuré que les clients de Palantir gardent « le plein contrôle opérationnel » de ses logiciels et qu’il n’existe aucun interrupteur d’arrêt (« kill switch ») permettant à l’entreprise ou au gouvernement américain de couper le système. Il parle du Maven Smart System, une plateforme d’intelligence artificielle qui traite d’importants volumes de données du champ de bataille issues de satellites, de radars, de drones et d’autres capteurs pour accélérer les décisions.

Maven est déployé au Commandement allié des opérations de l’Otan, au Shape, et utilisé par plusieurs armées européennes. Palantir a remporté en 2025 un appel d’offres de l’Otan de 480 millions d’euros ; le système a atteint en juin 2026 la « pleine capacité technique opérationnelle ».

Pourquoi l’assurance ne suffit pas à tout le monde

Les affirmations de Palantir ne sont pas vérifiables de l’extérieur : elles proviennent d’un dirigeant de l’entreprise. La France et l’Allemagne ont renoncé à Maven, préoccupées qu’une société privée dispose d’un tel pouvoir sur les opérations. En 2026, le vice-amiral allemand Thomas Daum a jugé inacceptable l’accès d’entreprises aux données nationales allemandes. La France a développé sa propre plateforme, Arcadia, pour bâtir un écosystème national de données de défense et protéger sa souveraineté technologique.

Ce qu’il faut suivre

Aucune enquête officielle sur les perturbations de Starshield n’est mentionnée dans les sources consultées. Le « qui a décidé ? » reste ouvert, tout comme la question de savoir si d’autres pays de l’Otan suivront Paris et Berlin. Les ralentissements ukrainiens montrent en tout cas que la gouvernance de ces services préoccupe autant que leur performance technique. Le contexte diplomatique est exposé dans notre article sur les négociations entre Vladimir Poutine et l’envoyé Steve Witkoff.

Informations arrêtées le 24 octobre 2026.

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