Le prix Sakharov revient à la Cour pénale internationale, quelques jours après de nouvelles sanctions américaines
La Cour pénale internationale reçoit le prix Sakharov 2026, après des sanctions américaines. Réactions européennes, délais et options sur la table.
Le Parlement européen a décerné jeudi 22 octobre son prix Sakharov à la Cour pénale internationale et à son personnel. L’annonce intervient peu après des sanctions américaines qui coupent la juridiction de La Haye des services financiers et technologiques des États-Unis. Les dirigeants européens demandent leur levée et préparent une réponse.
La Cour pénale internationale (CPI) a reçu jeudi 22 octobre le prix Sakharov pour la liberté de l’esprit, la plus haute distinction européenne en matière de droits humains. L’annonce a eu lieu à Strasbourg, au Parlement européen, et a été accueillie par une ovation debout. Elle survient peu après la mise en place de nouvelles sanctions américaines contre la Cour, que l’administration de Donald Trump cherche, selon Fortune, à démanteler en raison de ses enquêtes visant les États-Unis et leurs alliés, dont Israël.
Un prix créé en 1988
Le prix Sakharov récompense depuis 1988 des personnes ou des groupes qui défendent les droits humains et les libertés fondamentales. La candidature de la CPI avait été présentée par le groupe des Socialistes et Démocrates. Parmi les autres finalistes figuraient Tundu Lissu, opposant tanzanien emprisonné, ainsi que les jumelles Taraneh et Romina Rahimi, détenues en Iran pour avoir participé à des manifestations. Le lauréat est choisi par la présidente du Parlement et les responsables des groupes politiques. En 2025, le prix avait distingué deux journalistes emprisonnés en Biélorussie et en Géorgie, Andrzej Poczobut et Mzia Amaghlobeli.
Ce que les sanctions changent
Selon Fortune, les sanctions privent la Cour de l’accès aux services financiers et aux entreprises technologiques américains, ainsi qu’à l’usage du dollar. Les entreprises et personnes américaines qui travaillent avec elle disposent de six mois pour mettre fin à ces relations. Ni la base juridique ni la liste précise des personnes ou entités visées ne sont détaillées dans les sources consultées, pas plus que la date exacte de l’annonce, que le Times of Israel situe en octobre, quelques heures après l’attribution du prix Nobel de la paix à l’ancienne juge de la CPI Navi Pillay.
La CPI, installée à La Haye, a ouvert en 2002 comme juridiction de dernier recours. Elle poursuit les dirigeants soupçonnés de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité, de génocide et de crime d’agression.
Le Times of Israel rappelle le contexte : l’administration américaine est irritée par le mandat d’arrêt émis en 2024 par la Cour contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou à propos de la guerre à Gaza, ainsi que par une ancienne enquête sur des soldats américains en Afghanistan, depuis close, et affirme vouloir démanteler la Cour « brique par brique ». Israël rejette les accusations de la CPI et assure que ses opérations militaires respectent le droit international. La Cour compte 125 États membres, dont tous ceux de l’Union européenne ; parmi les membres de l’Otan, seuls les États-Unis et la Turquie n’en font pas partie. Le quotidien cite aussi Yannis Maniatis, du groupe S&D, qui a déclaré (traduction) : « Nous soutenons la CPI et ses agents. »
Les réactions européennes
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, a rappelé que l’Union repose sur le respect du multilatéralisme et des institutions internationales, et que le prix salue le travail de la Cour pour le droit international. La présidente de la CPI, la Japonaise Tomoko Akane, a répondu par écrit que ce prix arrive alors que la Cour et ses agents affrontent des difficultés sans précédent.
Après leur sommet, la semaine précédente, les dirigeants européens ont dit « profondément regretter » les sanctions et ont demandé à Washington de les annuler. Ils soulignent que le délai de six mois laisse de la place à la diplomatie, et se disent prêts, en cas d’échec, à prendre toutes les mesures nécessaires. Ils ont chargé la Commission de protéger la Cour et de réduire l’effet des sanctions, en particulier pour les entreprises de l’Union qui lui fournissent des services.
Le rôle possible du statut de blocage
Parmi les mesures de riposte possibles figure le « statut de blocage » de l’Union européenne. Ce mécanisme interdirait aux entreprises européennes de se plier à des sanctions étrangères et pourrait protéger le personnel de la Cour. Fortune ne dit pas qu’il a été activé : à ce stade, il s’agit d’une option.
Ce qu’il faut suivre
La Commission européenne doit présenter des initiatives. L’échéance de six mois fixe l’horizon d’une éventuelle négociation. Les détails des sanctions, qui détermineront leur effet réel sur le fonctionnement de la Cour, ne sont pas encore documentés dans les sources consultées.
Informations arrêtées le 24 octobre 2026.



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