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Dimanche 25 octobre 2026 Édition internationale
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Europe

Manifestations en France : l’exécutif durcit le ton après un week-end de violences

Plus de 500 000 manifestants, 2 700 gardes à vue : l'exécutif interdit des rassemblements après des violences. Faits, chiffres et prochaines dates.

Façade côté jardin du palais de l'Élysée, à Paris
Le palais de l'Élysée, à Paris. Photo d'illustration, sans lien direct avec les événements décrits. Photo : AlSepPhoenix / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

Partie d’un lycée de Créteil il y a un mois, la mobilisation contre le manque de moyens des écoles et la vie chère a rassemblé plus de 500 000 personnes samedi 17 octobre, selon les agences. Des violences ont suivi. Jeudi, Emmanuel Macron a annoncé l’interdiction des manifestations qu’il juge « illégitimes ». Les syndicats, eux, visent le 5 novembre.

Jeudi 22 octobre, depuis l’Élysée, Emmanuel Macron a annoncé que la France interdirait dans les prochains jours toutes les manifestations qu’il estime « illégitimes ». Les défilés autorisés et organisés par les syndicats seront, eux, détournés hors des centres-villes pour protéger les commerces. Cette annonce suit les émeutes et pillages qui ont marqué les cortèges du samedi précédent. Le chef de l’État les a attribués à des actes « séditieux » de groupes d’ultragauche qui chercheraient, selon lui, à « faire tomber la République ».

Une mobilisation partie d’un lycée de Créteil

Le mouvement a débuté le mois dernier dans un lycée de Créteil (Val-de-Marne), autour d’un manque de personnel. Il a gagné les banlieues parisiennes, puis le reste du pays. Les élèves mettent en cause des établissements sous-financés, des bâtiments dégradés et des postes non pourvus, surtout dans les quartiers les plus modestes. Ces revendications se sont ensuite mêlées à la contestation du coût de la vie.

Ce que disent les chiffres

Les agences AFP et AP, dont l’article d’Al Jazeera reprend la dépêche, font état de plus de 500 000 manifestants le samedi 17 octobre, sans préciser qui a produit ce chiffre. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a indiqué jeudi que plus de 2 700 personnes avaient été placées en garde à vue, que 217 d’entre elles avaient déjà été condamnées et incarcérées, et qu’environ 1 000 faisaient l’objet de poursuites. Le sort des autres n’a pas été détaillé. Plus de 200 commerces ont été pillés, selon des chiffres d’autorités locales cités par la dépêche.

Un bilan plus ancien, attribué au ministère de l’Intérieur et rapporté par Khaleej Times le 19 octobre, faisait état de près de 2 400 interpellations le samedi 17 et de presque 1 000 policiers et gendarmes blessés, dont sept grièvement. Le quotidien décrit certaines des pires violences urbaines en France depuis des années : mairies incendiées, centaines de commerces pillés ou endommagés. À Limoges, l’hôtel de ville du XIXᵉ siècle a été détruit par un incendie que le préfet dit volontaire ; à Lyon, l’office de tourisme du centre-ville a été incendié. Deux jeunes de 17 ans ont été grièvement blessés par des grenades de maintien de l’ordre, à Saint-Étienne (perte d’une main) et à Mulhouse (perte d’un œil, selon le parquet). Ces chiffres, établis à des dates différentes, ne se recoupent pas parfaitement et ne doivent pas être additionnés.

Des interdictions ciblées plutôt que générales

La formule du président laisse penser à une mesure d’ampleur nationale, mais les arrêtés connus restent localisés. À Paris, la préfecture de police a interdit jeudi, jusqu’à 20 heures, les rassemblements aux abords de l’Élysée, des deux chambres du Parlement, des principales gares et de plusieurs quartiers du centre touchés par les pillages. Des interdictions similaires ont visé Lyon, Lille et Grenoble. Dans les Bouches-du-Rhône, toute manifestation est interdite samedi pour des raisons de sécurité. Le Louvre, le musée d’Orsay et le musée Picasso ferment ce jour-là, a indiqué le gouvernement.

Des lectures politiques opposées

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, parle de petits groupes d’émeutiers et a annoncé un dispositif de sécurité « massif » pour samedi. Jean-Luc Mélenchon, candidat à la présidentielle de 2027, dénonce une répression brutale et continue. Marine Le Pen, que la dépêche présente en tête des sondages, juge au contraire le gouvernement trop mou. Les syndicats, reçus mercredi par Matignon, disent n’avoir obtenu aucune proposition concrète. Ils appellent à une journée nationale de grève et de manifestations le 5 novembre, dans le public comme dans le privé.

Ce qu’il faut surveiller

Une grande manifestation est attendue ce samedi 24 octobre, avec la participation annoncée de militants des gilets jaunes. Un conseil de défense devait se réunir vendredi 23 octobre ; ses conclusions n’étaient pas connues à la date de rédaction, le 24 octobre. Reste aussi à voir si les interdictions locales seront étendues, et si le gouvernement répond à la question qui a lancé le mouvement : les moyens des écoles.

Informations arrêtées le 24 octobre 2026.

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