Israël vote le 27 octobre : Netanyahou et Eisenkot au coude-à-coude, sans majorité en vue
Israël vote le 27 octobre : Eisenkot devance légèrement Netanyahou dans les sondages, mais aucun camp n'a de majorité. Mode de scrutin et enjeux.
Israël renouvelle sa Knesset mardi 27 octobre. Les sondages placent le parti Yashar de l’ancien chef d’état-major Gadi Eisenkot légèrement devant le Likoud de Benyamin Netanyahou, mais aucun camp n’atteint les 61 sièges nécessaires. Les partis arabes et quelques petites listes pourraient décider de la suite.
Les électeurs israéliens sont appelés aux urnes mardi 27 octobre pour élire les 120 membres de la Knesset. Le scrutin oppose, pour l’essentiel, le Premier ministre Benyamin Netanyahou, le plus ancien à ce poste dans l’histoire du pays, à Gadi Eisenkot, ancien chef d’état-major de l’armée. Selon les sondages publiés cette semaine, ni l’un ni l’autre ne dispose d’une majorité. Les négociations pour former un gouvernement pourraient durer des semaines.
Un scrutin à la proportionnelle, sans circonscriptions
Israël forme une seule circonscription nationale. Les sièges sont répartis entre les listes au prorata de leurs voix, à condition de franchir un seuil de 3,25 %. Il faut 61 sièges pour gouverner. Trente-huit listes sont en lice, mais la plupart n’auront aucun élu. Les bureaux ferment à 22 heures, heure locale. Des estimations devraient tomber dans les heures qui suivent ; les résultats définitifs sont attendus quelques jours plus tard, avec une confirmation officielle prévue le 4 novembre selon l’encyclopédie collaborative Wikipédia. La Knesset s’est dissoute le 17 juillet, à l’approche de la fin de son mandat de quatre ans.
Ce que disent les sondages
Le parti Yashar, créé en septembre 2025 par Gadi Eisenkot, arrive en tête dans la plupart des enquêtes, avec 20 à 24 sièges selon les instituts. Le Likoud suit, entre 18 et 21 sièges. Une moyenne des sondages des chaînes 12 et 13, de la télévision publique Kan et du site Walla, calculée par le Jerusalem Post le 21 octobre, donne environ 22,5 sièges à Yashar contre 19,75 au Likoud. Les blocs, eux, sont presque à égalité : 49 à 51 sièges pour le camp de Netanyahou, 52 à 55 pour l’opposition selon ABC. Le découpage des blocs varie d’un média à l’autre, ce qui explique ces écarts. Les partis arabes, eux, seraient crédités d’environ 14 sièges, contre 10 aujourd’hui selon The New Arab.
Deux faits récents ont modifié la donne. Benny Gantz a retiré sa liste Bleu et Blanc le 19 octobre, après des départs et des sondages qui la donnaient sous le seuil. Quelques jours plus tôt, Donald Trump avait publié sur son réseau Truth Social un soutien « total » à Benyamin Netanyahou, rapporte The New Arab.
Les enjeux de la campagne
La commission d’enquête sur le 7 octobre 2023 est au cœur des débats. Ce jour-là, selon ABC, environ 1 200 personnes ont été tuées et 251 prises en otage. De nombreux partis d’opposition réclament une enquête nationale indépendante. Benyamin Netanyahou la refuse et y voit une chasse aux sorcières politique.
La conscription des ultra-orthodoxes divise aussi la coalition sortante. La Cour suprême a invalidé en 2024 les larges exemptions dont bénéficiaient ces hommes, et les partis religieux veulent les rétablir. Le camp d’Eisenkot exclut de gouverner avec eux. S’y ajoutent la réforme de la justice, le procès pour corruption du Premier ministre, qu’il conteste, le coût de la vie et le mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale visant Netanyahou, qu’il rejette. La guerre à Gaza et le conflit au Liban ne devraient pas être déterminants, note ABC : aucun grand candidat ne promet d’y mettre fin immédiatement. Sur l’Iran, la presse rapporte que Netanyahou aurait voulu reprendre des frappes avant d’être invité par Washington à patienter. Ces éléments restent des informations de presse non confirmées officiellement. La tension régionale que Méridien a décrite dans son article sur le détroit d’Ormuz forme l’arrière-plan de cette campagne.
La droite radicale en progression
Selon The New Arab, la liste Otzma Yehudit d’Itamar Ben-Gvir, ministre de la Sécurité nationale, se présente seule et obtiendrait 8 sièges, soit davantage qu’en 2022, où elle avait été élue sur une liste commune. Son soutien viendrait en partie d’électeurs jeunes. Le média ajoute que la campagne du parti recourt à des vidéos générées par intelligence artificielle ; c’est une description de ce média, non confirmée ici par une seconde source.
Après le vote
Si aucun camp n’atteint 61 sièges, la formation du gouvernement dépendra de petites listes proches du seuil et des partis arabes, Ra’am et la Liste commune. ABC relève que certains responsables prennent leurs distances avec eux. Une liste, celle des Réservistes de Yoaz Hendel et Yaron Zelekha, ne franchit pas le seuil dans toutes les enquêtes ; la dépasser ou non peut déplacer plusieurs sièges d’un camp à l’autre. Les sondages comportent une marge d’erreur et ne constituent pas des prévisions.
Informations arrêtées le 24 octobre 2026.



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