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Dimanche 25 octobre 2026 Édition internationale
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Moyen-Orient

Détroit d’Ormuz : l’Iran revendique des frappes sur sept navires, le pétrole s’envole

Les Gardiens de la révolution affirment avoir touché sept navires dans le Golfe. Washington parle d'intox, le Brent dépasse 110 dollars. Ce que l'on sait.

Navire au loin sur une mer agitée
Photo d'illustration : navire en mer. Unsplash.

Le détroit d’Ormuz s’enflamme de nouveau. Jeudi 22 octobre, la marine des Gardiens de la révolution iraniens a affirmé avoir frappé quatre navires qui transbordaient du pétrole dans le centre et le nord du golfe Persique. Trois autres bâtiments auraient pris feu la veille au soir après avoir heurté des mines, à l’ouest du détroit. Sept navires touchés en moins de vingt-quatre heures : c’est du moins ce qu’affirme Téhéran. Car à ce stade, aucune de ces revendications n’a été confirmée de façon indépendante.

Ce que revendique Téhéran

Selon le communiqué des Gardiens, relayé par plusieurs médias régionaux, les quatre navires visés étaient des « contrevenants » qui empruntaient des routes jugées « illégales » par l’Iran. Téhéran ne reconnaît pas le corridor maritime aménagé au sud du détroit, désigné par Oman et sécurisé par les États-Unis, et exige que les navires marchands passent par les itinéraires qu’il autorise.

Les Gardiens rejettent la responsabilité des incidents sur Washington, accusé d’avoir dirigé des navires vers des zones minées. Ils menacent aussi d’une « réaction plus large » contre les bases américaines de la région si les « actions provocatrices » se poursuivent.

Washington dénonce une intox, les experts restent prudents

La réponse de la Maison-Blanche n’a pas tardé. Sur son réseau Truth Social, Donald Trump accuse l’Iran d’inventer « de fausses frappes, de fausses mines et tout le reste » pour faire grimper les prix du pétrole avant les élections de mi-mandat américaines du 3 novembre.

Le scepticisme ne vient pas seulement de Washington. Le centre d’information maritime conjoint (JMIC), qui suit la sécurité de la navigation dans la zone, avait déjà jugé « sans fondement » les revendications iraniennes du 17 octobre sur deux superpétroliers prétendument minés. Le site spécialisé gCaptain recense depuis l’été une série de revendications similaires, jamais étayées par des preuves vérifiables.

Le danger, lui, est bien réel. Le 13 octobre, le porte-conteneurs GFS Pride, battant pavillon de Singapour, a coulé après avoir été touché par un projectile que le commandement militaire américain (CENTCOM) attribue aux Gardiens. Ses 21 membres d’équipage ont été évacués. Le JMIC a recensé 153 incidents de sécurité maritime confirmés dans la région depuis le 1er mars.

Le Brent au plus haut depuis mai

Les marchés, eux, n’ont pas attendu les vérifications. Le baril de Brent a bondi d’environ 4 % jeudi, autour de 112 à 113 dollars, son plus haut niveau depuis mai selon CBS News. Le pétrole américain (WTI) frôlait les 100 dollars.

Ce nouvel accès de fièvre rappelle le printemps : en mars, au début de la guerre, le Brent avait franchi les 100 dollars pour la première fois en quatre ans, avant de culminer à 126 dollars. Le trafic dans le détroit reste aujourd’hui inférieur d’environ 70 % à son niveau d’avant-guerre, avec 254 passages recensés la semaine du 14 octobre. Paradoxe relevé par la société d’analyse Kpler : les exportations de brut du Golfe hors Iran, grâce aux oléoducs de contournement, ont retrouvé et même dépassé leur niveau d’avant-guerre.

Une guerre ouverte depuis février

Pour comprendre la situation, il faut remonter au 28 février 2026, date des frappes coordonnées des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, qui ont coûté la vie au guide suprême Ali Khamenei. Depuis, le détroit a été fermé, rouvert puis refermé au gré des cessez-le-feu avortés. Un mémorandum signé en juin à Islamabad devait mettre fin à la guerre et aux blocus. La trêve n’a pas tenu : le blocus naval américain des ports iraniens a été rétabli à la mi-juillet.

Avant le conflit, environ 20 % du pétrole transporté par mer dans le monde passait par Ormuz. C’est ce qui donne à chaque incident, réel ou revendiqué, une portée mondiale. Nous expliquions ce poids stratégique dans notre analyse Ormuz, passage étroit et enjeu mondial.

Diplomatie au point mort, menace de nouvelles frappes

Sur le plan diplomatique, les discussions indirectes se poursuivent, par l’intermédiaire notamment du Pakistan et du Qatar. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, assure qu’elles portent sur la proposition de cessez-le-feu de sept jours avancée par Téhéran en septembre, rejetée par Donald Trump.

Selon le New York Times, cité par plusieurs médias américains, le Pentagone et l’armée israélienne ont préparé des plans précis pour reprendre les frappes contre l’Iran après les élections de mi-mandat. Le même jour, Washington ordonnait le départ d’une partie de son personnel diplomatique d’Arabie saoudite, visée par les attaques des rebelles houthis du Yémen, alliés de Téhéran. Nous détaillons cette autre crise dans notre article sur les attaques houthies contre l’Arabie saoudite.

Ce qu’il faut surveiller

Trois signaux diront si l’escalade se confirme : la publication éventuelle de preuves indépendantes (images satellite, données de suivi des navires, rapports des assureurs), l’évolution du nombre de passages dans le détroit, et le calendrier américain d’après le 3 novembre. D’ici là, chaque communiqué de Téhéran ou de Washington devra être lu avec prudence : dans cette guerre, l’information elle-même est devenue une arme.

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Réactions des lecteurs

3 commentaires
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