Gaza : un an après le cessez-le-feu, plus de cent ONG parlent d’une trêve qui n’existe « que de nom »
Plus de 100 ONG jugent que le cessez-le-feu de Gaza n'existe que de nom. Chiffres cités, conditions de vie et réponses qui manquent encore.
Plus de cent organisations humanitaires affirment que le cessez-le-feu en vigueur à Gaza depuis le 10 octobre 2025 n’existe « que de nom ». Elles comptent plus de 1 400 Palestiniens tués en un an. Ces chiffres viennent des ONG et du ministère palestinien de la Santé ; la réponse israélienne n’apparaît pas dans la source consultée.
Le vendredi 9 octobre, plus de cent organisations humanitaires, de défense des droits humains et de la société civile ont publié une déclaration commune sur Gaza. Parmi les signataires figurent Amnesty International, le Conseil norvégien pour les réfugiés, Save the Children, Oxfam et Greenpeace. Leur constat est sévère : un an après la signature, le cessez-le-feu n’existe « que de nom », car les forces israéliennes continuent, selon elles, de tuer et de blesser des Palestiniens chaque jour.
Un cessez-le-feu né d’un cadre américain
Le cessez-le-feu est entré en vigueur le 10 octobre 2025, avec le soutien des États-Unis, dans le cadre d’un accord que Donald Trump a présenté comme faisant partie d’un dispositif dit « Board of Peace » (Conseil de la paix), rapporte Al Jazeera. Les ONG reprochent à Israël d’avoir déplacé arbitrairement la « ligne jaune », qui sépare les zones sous contrôle israélien de celles où vivent les Palestiniens, ce qui aurait encore entassé la population. Le statut de la seconde phase de l’accord n’est pas décrit dans l’article.
Les chiffres avancés
Les ONG comptent plus de 1 400 Palestiniens tués pendant la première année de cessez-le-feu, dont au moins 327 enfants. Le décompte d’Al Jazeera depuis le 10 octobre 2025 atteint au moins 1 471 morts et 5 189 blessés. La directrice de Save the Children, Inger Ashing, parle de presque un enfant tué par jour.
Pour l’ensemble de la guerre, depuis octobre 2023, le ministère palestinien de la Santé recense plus de 74 000 morts et 175 000 blessés, dont au moins 21 000 enfants selon le décompte d’Al Jazeera. Le média précise que le ministère ne compte que les décès enregistrés à l’hôpital ou officiellement, de sorte que le bilan réel serait plus élevé. L’Organisation mondiale de la santé estime qu’environ 24 % des blessés ont des séquelles qui exigeront une rééducation de longue durée.
Ces chiffres sont attribués à leurs auteurs et n’ont pas fait l’objet d’une vérification indépendante.
Des conditions de vie toujours critiques
Selon le ministère de la Santé de Gaza, aucun des 36 hôpitaux du territoire ne fonctionne à pleine capacité, faute de médicaments, d’équipements et de carburant. Plus de 18 500 patients, dont au moins 4 000 enfants, auraient besoin d’une évacuation médicale ; plus de 1 000 sont morts en attendant. Près de 2 millions de personnes ont besoin d’un abri, 80 % des structures sont endommagées, et 1,4 million de personnes sont en situation de crise alimentaire ou pire jusqu’à la fin de l’année, selon les mêmes données rapportées.
Le secrétaire général du Conseil norvégien pour les réfugiés, Jan Egeland, juge « honteux » que si peu de choses aient changé en un an, et affirme que les restrictions israéliennes sur le matériel et les matériaux de construction empêchent la reconstruction. La secrétaire générale d’Amnesty, Agnès Callamard, estime que l’absence de reddition de comptes, y compris le non-respect d’ordonnances contraignantes de la Cour internationale de justice, nourrit les atrocités.
Des violences toujours signalées
Al Jazeera cite des incidents récents : jeudi 8 octobre, au moins huit Palestiniens tués et des dizaines de blessés dans des frappes et des tirs d’artillerie ; vendredi 9, au moins un Palestinien tué par balle dans le centre du territoire.
Ce qui manque à ce tableau
La source consultée ne rapporte aucune réaction des autorités israéliennes ni du Conseil de la paix, et Méridien n’a pas trouvé, à la date de rédaction, de réponse officielle israélienne à cette déclaration. Elle ne donne pas non plus le nombre de camions d’aide entrés ni la situation des points de passage. Ce texte présente donc la lecture des ONG et des chiffres du ministère palestinien de la Santé ; il sera complété dès que la position d’Israël et celle des médiateurs seront disponibles.
Informations arrêtées le 24 octobre 2026.



Réactions des lecteurs
0 commentaireAucune réaction pour le moment. Soyez le premier à donner votre avis.