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Dimanche 25 octobre 2026 Édition internationale
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Europe

Serbie : le mouvement étudiant défie Aleksandar Vučić aux législatives du 25 octobre

Serbie : législatives anticipées dimanche 25 octobre. Vučić, candidat au poste de Premier ministre, affronte la liste issue du mouvement étudiant.

L'auvent de la gare de Novi Sad, en Serbie, après son effondrement
La gare de Novi Sad, où l'auvent s'est effondré le 1er novembre 2024. Photo : Mishyac / Wikimedia Commons, CC0

Les Serbes votent dimanche 25 octobre pour renouveler leur Parlement, presque deux ans après l’effondrement de la gare de Novi Sad, d’où est né un mouvement de contestation. Aleksandar Vučić, qui a quitté la présidence pour mener la liste du pouvoir, affronte une liste d’universitaires et d’étudiants sans expérience politique. Les sondages fiables manquent.

Les électeurs serbes se rendent aux urnes dimanche 25 octobre pour des législatives anticipées. Les bureaux ferment à 20 heures ; des résultats préliminaires sont attendus environ deux heures plus tard, selon Al Jazeera. Le scrutin oppose le Parti progressiste serbe (SNS), au pouvoir depuis 2012, à une liste issue du mouvement étudiant. Il met en jeu la place d’Aleksandar Vučić, qui dirige la vie politique du pays depuis plus de dix ans.

Pourquoi un scrutin anticipé

Le vote n’était pas prévu avant la fin 2027. En septembre, Aleksandar Vučić, président depuis 2017 et en fin de second mandat constitutionnel, a convoqué des élections anticipées et quitté la présidence pour conduire la liste du SNS comme candidat au poste de Premier ministre. Al Jazeera juge que la bataille parlementaire est centrale pour qu’il conserve le pouvoir avant qu’une élection présidentielle ne doive être organisée.

Une contestation née d’une catastrophe

En novembre 2024, l’auvent en béton de la gare de Novi Sad s’est effondré, faisant seize morts selon Al Jazeera. La demande de comptes sur cette catastrophe est devenue un mouvement national contre la corruption, porté par les étudiants. Il a donné lieu à certaines des plus grandes manifestations depuis la chute de Slobodan Milošević : celle du 15 mars 2025 à Belgrade aurait réuni plus de 300 000 personnes selon les estimations rapportées par Wikipédia et Fox News.

Qui se présente

Le Parlement compte 250 sièges, pourvus à la proportionnelle dans une circonscription unique. Il faut 3 % des voix pour entrer à l’Assemblée, sauf pour les listes des minorités nationales. La liste du pouvoir est menée par Vučić ; les socialistes d’Ivica Dačić présentent la leur.

Face à eux, la Liste étudiante (« Les étudiants gagnent ») réunit surtout des enseignants et des universitaires, avec peu ou pas d’expérience politique. Elle n’a pas de chef officiel ; Ilija Srdanović y figure en tête de liste, selon Fox News. Son programme tient en trois mots-clés : État de droit, lutte contre la corruption, reconstruction des institutions. Plusieurs partis d’opposition ont renoncé à se présenter pour la soutenir, d’autres courent le risque de rester sous le seuil.

Ce que l’on sait des rapports de force

Aucun sondage chiffré et daté n’a pu être vérifié pour cet article. Un analyste, Mirko Dautović, a estimé le 15 octobre auprès d’Osservatorio Balcani Caucaso que la Liste étudiante se situait entre 40 et 45 % un mois plus tôt, qu’elle pouvait depuis avoir dépassé 50 %, et que le SNS restait autour de 40 %. Il s’agit de son estimation personnelle, pas d’un sondage publié. Le gouvernement, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Marko Đurić, juge très improbable une victoire de l’opposition étudiante.

Des conditions de scrutin contestées

Le SNS rejette les accusations d’abus. Ses adversaires et des organisations de défense des droits l’accusent de pressions sur les médias indépendants, de fraude électorale et d’usage des moyens de l’État. Lors des législatives de 2023, l’Odihr, organe de l’OSCE, avait relevé de nombreuses irrégularités. Pour 2026, Dautović juge le fichier électoral « particulièrement problématique » et cite, d’après un membre de la commission, 235 000 cartes d’identité délivrées entre mai et septembre ; il soupçonne des usurpations, ce qui n’est pas établi. Les sources consultées ne confirment la présence d’aucune mission d’observation internationale.

L’Europe et la Russie en arrière-plan

Le processus d’adhésion de la Serbie à l’Union européenne est au point mort : État de droit, alignement partiel sur les sanctions contre la Russie, normalisation avec le Kosovo. Selon Igor Bandović, du Centre de Belgrade pour la politique de sécurité, la Liste étudiante veut réexaminer les accords conclus sous l’égide de l’UE avec Pristina et a évoqué un référendum sur l’adhésion dans les six mois suivant son arrivée. Moscou soutient le gouvernement, d’après lui. Pour l’analyste Siniša Vuković, cité par Fox News, la perspective la plus réaliste reste celle de la continuité en politique étrangère.

Après le vote

La liste ou la coalition qui obtient 126 sur 250 sièges forme le gouvernement. Selon Al Jazeera, la légitimité du processus comptera presque autant que le nombre de sièges. Restent à suivre les résultats, les éventuels recours, et la date de la prochaine élection présidentielle, sur laquelle les sources consultées ne donnent pas de calendrier.

Informations arrêtées le 24 octobre 2026.

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