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Alberta : les électeurs refusent d’ouvrir la voie à l’indépendance, les séparatistes promettent de continuer

Alberta : environ 75 % des électeurs refusent d'ouvrir la voie à l'indépendance. Ce que demandait le référendum du 19 octobre et ce qui reste en suspens.

Façade de l'Assemblée législative de l'Alberta, à Edmonton
L'Assemblée législative de l'Alberta, à Edmonton (septembre 2026). Photo : Chris Woodrich / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

Les Albertains ont refusé lundi 19 octobre, à environ 75 % selon les résultats non officiels, d’ouvrir un processus menant à l’indépendance. Le Premier ministre Mark Carney y voit une réponse claire en faveur de l’unité. Les séparatistes disent ne pas renoncer. Le vote était consultatif et ne pouvait pas, seul, faire sortir la province du Canada.

Pour la première fois de son histoire, l’Alberta a organisé lundi 19 octobre un référendum sur son avenir dans le Canada. Selon les résultats non officiels d’Elections Alberta, relayés par PBS, environ 75 % des suffrages ont soutenu le maintien, contre 25 % pour l’ouverture d’un processus de séparation. Plus de 1,8 million de bulletins avaient alors été dépouillés, dans 81 % des lieux de vote. Al Jazeera, qui s’appuie sur des projections de chaînes canadiennes, avance 76 % contre 24 %. La participation n’est pas indiquée dans les articles consultés.

Ce que le vote demandait vraiment

Le scrutin était consultatif. Il ne s’agissait pas d’un vote direct pour l’indépendance : une victoire du oui aurait engagé l’Alberta sur la voie d’un futur processus, qui aurait ensuite exigé de longues négociations avec le gouvernement fédéral, les autres provinces et les peuples autochtones. La formulation de la question diffère selon les médias : il s’agissait soit de lancer un processus d’indépendance (Al Jazeera), soit de tenir un nouveau référendum (PBS).

Le bulletin comportait dix questions. Une portait sur l’indépendance. Les neuf autres touchaient notamment à l’immigration, aux nominations judiciaires, à l’accès aux services provinciaux et à l’identification des électeurs. La Première ministre albertaine, Danielle Smith, appelait à répondre oui à ces neuf questions ; huit ont obtenu une majorité selon les résultats préliminaires.

Comment on en est arrivé là

Le référendum a été annoncé en mai, après une campagne de pétition. Danielle Smith a dit vouloir respecter les quelque 300 000 Albertains qui l’avaient signée. Elle s’oppose elle-même à l’indépendance ; PBS rapporte qu’elle a cédé à la pression de séparatistes au sein de son parti, le Parti conservateur uni. Les sondages donnaient environ un tiers d’Albertains favorables à l’indépendance. Les partis séparatistes ne recueillent d’ordinaire que 1 à 2 % des voix, rappelle l’ancien premier ministre Jason Kenney, cité par PBS.

La province compte environ 5,1 millions d’habitants et l’une des plus grandes réserves pétrolières du monde. Les partisans de la sécession estiment que l’Alberta donne plus à Ottawa qu’elle ne reçoit, que les restrictions sur le pétrole et le gaz pénalisent son économie, et veulent reprendre la main sur l’énergie, l’immigration et les impôts.

Les réactions

Mark Carney a décrit un résultat « absolument clair ». Il a toutefois estimé que le quart d’électeurs favorables au oui ne devait pas être automatiquement assimilé à des partisans de l’indépendance, certains exprimant surtout leur frustration envers Ottawa. Danielle Smith a salué le choix d’une Alberta plus forte au sein d’un Canada uni. Jeff Rath, de l’Alberta Prosperity Project, affirme que le mouvement continuera, tandis qu’un autre responsable séparatiste, Keith Wilson, juge qu’au moins un quart des Albertains veulent que la province soit mieux traitée.

La suite est incertaine. Danielle Smith a dit qu’elle n’organiserait pas de nouveau vote tant qu’elle serait en poste, d’après Al Jazeera. Un sondage Angus Reid du 16 octobre indique que 62 % des Albertains pensent que le mouvement séparatiste ne s’éteindra jamais, et que 69 % s’opposeraient à un second référendum en cas d’échec de celui-ci.

Un contexte fédéral et américain tendu

Le gouvernement fédéral est engagé dans un différend commercial avec les États-Unis, marqué par des droits de douane plus élevés et par des propos de Donald Trump évoquant à plusieurs reprises une annexion du Canada. Selon PBS, cette pression a aidé Mark Carney à rallier du soutien en Alberta, où les premiers ministres libéraux sont historiquement impopulaires. Al Jazeera indique que des chercheurs ont signalé de possibles campagnes d’influence en ligne, attribuées à des acteurs russes et américains, qui auraient amplifié le séparatisme ; Danielle Smith avait dit en août que ces activités étaient surveillées.

Des réserves sur le déroulement

Des ouvertures tardives dans plus de cent bureaux ont conduit à prolonger le scrutin, rapporte PBS. Un bureau situé près de la Nation Siksika a manqué temporairement de bulletins, selon Al Jazeera, qui note aussi une forte participation des Premières Nations en faveur du maintien. Les résultats cités ne sont pas officiels.

Informations arrêtées le 24 octobre 2026.

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